Faress Boucherit
Peut-on cumuler chômage et création d’entreprise ?
En France, l’idée de lancer sa propre entreprise tout en bénéficiant des indemnités chômage peut sembler paradoxale, mais c’est une réalité bien ancrée dans le paysage entrepreneurial. En effet, le système français offre des leviers permettant aux chômeurs de concilier la création d’entreprise avec le maintien de leurs allocations. Oui il est possible de recevoir l’allocation chômage lorsque l’on créer son entreprise. Cette démarche, à première vue audacieuse, repose sur deux principaux mécanismes qui offrent une bouffée d’oxygène aux aspirants entrepreneurs.
D’une part, la possibilité de cumuler les revenus issus de la nouvelle entreprise avec les indemnités chômage offre une perspective financière encourageante. Cette option ouvre la voie à une transition plus souple entre le statut de demandeur d’emploi et celui d’entrepreneur, facilitant ainsi le passage de la sécurité sociale de l’emploi salarié à l’autonomie entrepreneuriale.
D’autre part, un autre levier particulièrement attractif réside dans la possibilité de percevoir en une seule fois 45% des allocations-chômage restantes. Cette somme peut ensuite être investie stratégiquement dans le démarrage et le développement de la nouvelle société. Cette mesure vise à soutenir activement les créateurs d’entreprise en les dotant d’un capital initial, renforçant ainsi leur assise financière dans les premières étapes cruciales de la vie de leur entreprise.
Option 1 : Cumuler les allocations chômage et le revenus issus de votre entreprise.
Dans l’optique de faciliter votre parcours tout en maintenant une stabilité financière, le cumul des revenus issus de votre nouvelle entreprise avec vos allocations-chômage représente une opportunité stratégique pour vous en France.
Ce mécanisme, offert aux bénéficiaires de l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), constitue un moyen concret de conjuguer entrepreneuriat et sécurité financière. Les conditions d’éligibilité sont claires : tout d’abord, il est impératif de percevoir l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE). Ensuite, vos revenus provenant de l’entreprise nouvellement créée ou reprise ne doivent pas excéder 70% du salaire précédemment perçu au dernier contrat de travail.
Cette limitation vise à garantir une transition progressive vers l’autonomie entrepreneuriale sans compromettre le soutien financier essentiel du chômage.
Il est également important de noter que si vous optez pour cette voie, vous ne pouvez pas bénéficier de l’Aide à la Reprise et Création d’Entreprise (ARCE).
Comment est calculé le maintient des allocations-chômage ?
Le calcul du maintien de vos allocations-chômage repose sur une formule spécifique, déduisant 70% du revenu généré par votre activité entrepreneuriale de l’allocation mensuelle sans activité.
Par exemple, si chaque mois vous percevez 1000 € d’allocations-chômage et que l’activité de votre entreprise vous permet de générer 600 € de revenus, Pôle Emploi vous versera la somme de : 1000 € – 70% x 600 €, soit 820 € d’allocations-chômage. Ce qui vous génère un revenu mensuel de 1420 €
Ce dispositif constitue une ressource cruciale pour vous, entrepreneur en herbe, conciliant ainsi votre désir d’indépendance avec la nécessité de maintenir une stabilité financière pendant la phase de démarrage de votre entreprise.
Option 2 : Toucher 45% des indemnités chômage afin de créer son entreprise
Il existe également une seconde option à disposition des porteurs de projets. En effet, si vous souhaitez créer votre entreprise, vous avez également la possibilité de toucher 45% de ses indemnités chômage pour créer votre entreprise. Les conditions d’éligibilité à cette aide sont relativement simples : il vous suffit de bénéficier de l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE), anciennement connue sous le nom d’ACCRE. Cette option s’adresse à tout demandeur d’emploi bénéficiant de l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE) et souhaitant se lancer dans la création ou la reprise d’une entreprise. Elle s’applique également à toute personne licenciée admise au bénéfice de l’ARE et désirant entreprendre pendant son préavis, son congé de reclassement ou de mobilité.
Comment sont calculées les indemnités ?
Le versement des indemnités s’effectue en deux fois : une première fois lors de la demande, après la vérification des conditions d’éligibilité, et une deuxième fois six mois plus tard, sous réserve que l’activité déclarée soit toujours exercée.
Le montant total de l’aide correspond à 45% des droits à l’ARE qui restent à vous verser.
Par exemple, si vous avez droit à 1200 € chaque mois de la part de Pôle Emploi sur une période de 13 mois, soit un total de 15 600 €, le montant que vous pourrez recevoir grâce à l’ARCE s’élèvera à 45% de ce total, soit 7 020 €
Cette option représente ainsi une bouffée d’oxygène financière substantielle pour les entrepreneurs en herbe, leur offrant une assise solide pour le démarrage et le développement de leur projet entrepreneurial.
À connaître également : Les modalités de rémunération du dirigeant d’entreprise
Le cas particulier du statut micro-entrepreneur
Cumuler le chômage avec le statut d’auto-entrepreneur ou de micro-entrepreneur constitue une option particulière qui nécessite une attention particulière. Si vous êtes auto-entrepreneur ou sous le régime de la micro-entreprise, le montant que Pôle Emploi prend en compte pour calculer vos allocations mensuelles est basé sur votre chiffre d’affaires après avoir déduit les frais professionnels.
Les pourcentages d’abattement varient en fonction de la nature de votre activité :
- 29% du chiffre d’affaires pour les activités d’achat et de revente ainsi que les activités de fourniture de logement
- 50% pour les autres activités relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
- 66% pour les activités relevant des bénéfices non commerciaux (BNC).
En tant qu’auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur, vous avez la possibilité de choisir entre une déclaration mensuelle ou trimestrielle. Peu importe l’option que vous choisissez, vous devez informer Pôle Emploi du montant de votre chiffre d’affaires, à partir duquel sera calculé le montant de votre allocation, c’est-à-dire après l’application de l’abattement.
Cette démarche vise à assurer une équité dans le calcul de vos allocations, prenant en considération les spécificités du régime des micro-entreprises. Il est crucial de comprendre ces nuances pour optimiser votre situation financière tout en vous lançant dans l’aventure entrepreneuriale.
Création d’entreprise : Un aperçu des aides à disposition des porteurs de projets
Nouvel accompagnement pour la création ou la reprise d’entreprise (Nacre)
Le Nacre, Nouvel accompagnement pour la création ou la reprise d’entreprise, est une aide régionale offrant un accompagnement intensif sur une période de trois ans. Ce programme guide les créateurs dans le montage et la structuration financière de leur projet. Les critères d’éligibilité incluent le statut de bénéficiaire de l’ARE, le statut de demandeur d’emploi non indemnisé depuis plus de 6 mois, ou encore l’âge, avec une limite de 25 ans.
Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre)
L’Acre, Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise, propose une exonération partielle de charges sociales pendant la première année d’activité. Les micro-entrepreneurs doivent remplir des conditions d’éligibilité similaires à celles du Nacre. Il est à noter qu’il est impératif de ne pas avoir bénéficié de cette aide au cours des trois dernières années.
Contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape)
Le Cape, Contrat d’appui au projet d’entreprise, offre une formation complète sur la création et la gestion d’une entreprise. D’une durée maximale de trois ans, ce programme s’adresse à tous les créateurs ou repreneurs d’entreprise, à l’exception des salariés à temps plein, ainsi qu’aux dirigeants associés uniques de SASU et EURL.
Aide à la création d’entreprise pour les chômeurs
Pour les demandeurs d’emploi, Pôle emploi propose diverses aides, dont le maintien des minimas sociaux, l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE), et des formations spécialisées telles que le Parcours Activ’créa ou Cap jeune. Ces initiatives visent à faciliter l’entrée des chômeurs dans l’entrepreneuriat, favorisant ainsi la dynamique du secteur.
Conclusion : Oui, Vous Pouvez Concilier Chômage et Création d’Entreprise !
En conclusion, la France offre des opportunités concrètes pour ceux qui aspirent à devenir entrepreneurs tout en bénéficiant du chômage. Les options de cumul des allocations avec les revenus de l’entreprise, ainsi que le choix de toucher 45% des indemnités chômage pour créer sa propre entreprise, constituent des leviers financiers précieux.
Le parcours entrepreneurial, facilité par des dispositifs comme le Nouvel Accompagnement pour la Création ou la Reprise d’Entreprise (Nacre), l’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise (Acre), le Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (Cape), et les initiatives de Pôle emploi, démontre l’engagement du système français à soutenir les créateurs d’entreprise.
En résumé, concilier chômage et création d’entreprise en France est non seulement possible, mais aussi encouragé. Ces mécanismes offrent aux entrepreneurs en herbe un élan financier et un soutien stratégique pour transformer leurs projets en réalité. Alors, lancez-vous, entreprenez, et construisez votre avenir !
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